La douleur fait partie du phénomène naturel de l’accouchement. Elle est très dépendante du contexte social, culturel et personnel de l'individu. De plus la douleur est différemment ressentie selon l'état de fatigue ou l'état psychique de l'individu. Pour certaines patientes, le travail passe comme une lettre à la poste. Pour d'autres, il peut s'agir d'un moment particulièrement douloureux. Nous ne sommes pas égaux devant la douleur et chacun supportera différemment la même douleur en fonction de son histoire.
Il est tout à fait normal de vouloir lutter contre la douleur d’accouchement. Il est aussi normal que certaines patientes souhaitent vivre « complètement leur accouchement ».
Il y plusieurs options pour lutter contre la douleur :
- Il existe des techniques de lutte contre la douleur, qui s'apparentent en fait à des techniques de relaxation. Ces techniques sont nombreuses et leur efficacité est variable en fonction des individus. Renseignez vous dans votre maternité, dans votre entourage ou demandez directement à votre médecin.
- Il existe bien entendu aussi des méthodes médicales comme l'administration de médicaments ou la pratique d'une analgésie régionale comme par exemple la fameuse « péridurale »
Il vous faudra peser le pour et le contre de chaque méthode avant de décider laquelle ou quelle combinaison de méthodes vous souhaitez !
Techniques de lutte contre la douleur
Techniques médicales et analgésie

Techniques de lutte contre la douleur
- Techniques de relaxation. Il en existe de nombreuses. Renseignez vous à la maternité ou dans votre entourage. La relaxation progressive du corps, consistant en une maîtrise sélective de la tension de chaque muscle est quelque chose que vous pouvez apprendre et pratiquer bien avant l'accouchement, ainsi vous pourrez la maîtriser pleinement le jour J. Les méthodes de lutte contre la douleur ont été introduites en France par le Dr Lamaze en 1951. Elles reposent sur la connaissance des mécanismes physiologiques et une participation active par ce que comprise ! l'ensemble de ces méthodes est aussi dénommée psychoprophylaxie.
- Technique de respiration. L'utilisation de la respiration profonde entre les contractions et de la respiration superficielle et rapide (dite respiration du petit chien !) pendant les contractions mérite aussi d'être connue.
- Vous pouvez aussi faire appel au yoga, à l'haptonomie, la sophrologie et la préparation en piscine.
- Il existe beaucoup d'autre techniques que nous citons juste ici : les massages, les mouvements comme la marche ou se balancer sur une chaise à bascule, les bains ou l'hydrothérapie, l'application de chaud ou de froid, la suggestion visuelle, l'audition de musique, l'homéopathie, l'acupuncture, le chant prénatal.
- En fait toutes ces techniques ne sont pas applicables dans toutes les maternités : il faut vous renseigner avant.
- L'efficacité et l'utilisation de ces techniques sont très dépendantes de la culture et du vécu de chaque couple. Discutez en avec votre médecin traitant.
Techniques médicales et analgésie
Un certain nombre de médicaments peuvent vous être administrés soit par voie intraveineuse soit par voie intramusculaire. Il est parfois possible aussi de vous administrer une analgésie au masque. Toutes ces méthodes peuvent vous relaxer, mais elles peuvent aussi vous faire somnoler ou vous déconnecter de la réalité. Associés au techniques « non médicales », ces médicaments peuvent vous aider à passer un cap. Parfois des antalgiques plus puissants sont utilisés, en particulier lorsque la péridurale est contre indiquée et que le travail est long. Ces médicaments peuvent avoir des effets secondaires sur l'enfant et peut être sur la durée du travail. C'est pourquoi ils sont utilisés avec parcimonie. La possibilité de leur utilisation repose sur de nombreux paramètres, en particulier l'état d'avancement du travail. Les contre indications doivent être rigoureusement respectées.
L'analgésie péridurale (injection de médicaments autour de la moelle épinière)
- Retenez d'abord qu'il vaut mieux utiliser le terme analgésie que le terme anesthésie. L'analgésie ne supprime pas toutes les sensations, mais elle réduit beaucoup la perception de vos douleurs. N'imaginez donc pas que vous ne ressentirez rien ! vous n'aurez seulement pas mal (en cas de succès). Le maintien des sensations est important car il permet d'aider à accoucher en ne supprimant pas par exemple le réflexe de poussée lorsque la tête est sur le périnée.
- En cas de césarienne sous analgésie péridurale, vous éviterez les douleurs, mais vous ressentirez ce que l'on vous fait. Ceci peut paraître un peu perturbant au début, mais une fois que l'on est au courant, les choses se passent plus sereinement !
- Certains scientifiques ont indiqué que la péridurale pouvait ralentir le travail en diminuant les contractions. Pour l'instant personne n'a tranché pour dire par exemple que la péridurale entraînait plus de césariennes. Il est par contre certain que la péridurale peut entraîner des complications neurologiques, même si celles-ci restent très rares. La complication la plus fréquente est l'existence de maux de tête dans les jours qui suivent.
- Le médecin anesthésiste pose la péridurale. C'est donc avec lui lors d'une consultation prénatale spéciale que vous devez discuter les avantages et les inconvénients des différents types d'anesthésie. Il détermine aussi si vous présentez une contre indication à tel ou tel type d'anesthésie. Le médecin anesthésiste décide ensuite de vous faire pratiquer ou non des examens complémentaires.
- N'oubliez jamais que tout acte anesthésique est un acte médical avec ses risques propres. L'analgésie obstétricale est particulière, les indications peuvent être médicales (par exemple si une césarienne est prévue) ou de confort. L'important est de bien avoir discuté avec le médecin anesthésiste afin que le travail soit abordé dans une atmosphère de confiance.
Il est difficile de savoir à l'avance si vous aurez besoin de telle ou telle mesure médicale ou non médicale. Mais réfléchissez- y bien avant, car parfois si le travail progresse rapidement, il est trop tard pour se décider. Le plus important est de bien vous préparer personnellement. Renseignez vous bien, demandez conseil à votre équipe médicale, essayez de voir quelles sont les possibilités dans votre maternité... et faites vous confiance pour prendre des décisions adaptées à votre enfant et à vous même !