
Author : Fabienne Beitz
Le tempérament, qu'est-ce que c'est ?
La dépression post-partum est une affection relativement courante qui touche entre 10 et 20% des femmes. On ne sait malheureusement pas, pour l'instant, les causes exactes de son apparition et donc comment la prévenir.
En revanche, on sait comment la traiter. Il est donc important de savoir en reconnaître les symptômes afin de faire appel à un professionnel. Celui-ci pourra déterminer si la mère est face à une baisse de tonus normal après son accouchement, ou face à une dépression plus profonde et ceci, afin qu'une prise en charge adaptée puisse avoir lieu le plus rapidement possible.
Qu'est-ce que la dépression post-partum et comment la différencier d'un « baby blues » ?
Il est normal pour toute mère de connaître des moments d'épuisement physique et moral après son accouchement. Une très grande majorité des femmes ont tendance après la naissance de leur enfant à être un peu déprimées au cours des premiers jours. Cette dépression accompagne la remise en forme physique et le rééquilibrage hormonal de la mère. C'est un phénomène normal et très courant qui touche plus de 50% des femmes et qu'on appelle le « baby blues ». Il disparaît en quelques jours.
Cependant, si l'anxiété ou les sentiments dépressifs durent plus de 15 jours, ou s'ils apparaissent plus tardivement (3-4 semaines après l'accouchement), il peut s'agir alors d'une dépression post-partum.
Imaginez ceci : vous venez de donner naissance à un enfant. L'accouchement s'est bien passé, vous avez un beau bébé et êtes bien entourée par votre famille. Vous vous attendez à être remplie de bonheur. Mais à la place, vous êtes écrasée par des craintes, des doutes, de la tristesse et de la confusion. Voilà ce qu'est une dépression post-partum. Elle touche environ 1 femme sur 5, et personne ne sait exactement pourquoi cela arrive et comment prévenir sa survenue.
La dépression post-partum est un trouble sérieux qui implique une baisse constante et durable de l'humeur.
Elle se distingue du « baby blues », qui est un trouble de l'humeur plus bref et moins prononcé. Quand une femme a le « baby blues », elle se sent triste, pleure souvent, se sent irritable et fatiguée, mais elle est toujours capable d'assumer ses activités quotidiennes.
La dépression post-partum est un état qui peut durer de quelques semaines à plusieurs mois. Elle peut apparaître à n'importe quel moment dans la première année suivant la naissance.
Souvent, les femmes qui traversent une dépression post-partum disent qu'elles ont l'impression de perdre la tête. Elles connaissent une baisse de l'estime d'elle-même. Elles se sentent incapables de faire face aux demandes de leur bébé et beaucoup sont obsédées par leur incapacité à aimer suffisamment leur enfant. Certaines femmes pensent même au suicide.
Les signes que l'on rencontre couramment dans une dépression post-partum sont les suivants :
Quelles peuvent être les conséquences d'une dépression post-partum ?
Beaucoup d'études ont mis en avant les conséquences des dépressions post-partum sur le couple mais aussi sur le développement émotionnel et cognitif des enfants et des bébés. Quand une mère traverse un épisode dépressif, cela affecte les interactions qu'elle a avec ses enfants, ce qui aboutit à long terme à des problèmes comportementaux chez ces derniers.
Pour toutes ces raisons, il est très important de faire de la prévention en aidant les mamans atteintes de dépression post-partum dès l'apparition des symptômes.
Une prise en charge rapide est indispensable pour améliorer le pronostic de la femme, mais aussi des enfants et de la famille.
Que peut-on faire ?
Malheureusement, un grand nombre de femmes souffrant de dépression post-partum ne sont pas diagnostiquées et restent sans traitement. Elles se sentent souvent coupables et ont honte car elles n'arrivent pas à s'expliquer pourquoi elles sont si malheureuses à un moment de leur vie où tout devrait être merveilleux. De plus, la jeune mère a souvent tendance à dissimuler son état, parce que dans nos sociétés, femme-mère signifie encore trop souvent femme accomplie, avec devoir d'être heureuse. Ce qui amène la jeune mère en proie à des difficultés émotionnelles, à juger sa dépression en termes moraux et non en termes de maladie. Elle pense être une mauvaise mère, incapable d'éprouver le moindre plaisir à s'occuper de son bébé, submergée par la fatigue et l'anxiété. Ainsi, elle cache sa dépression à son conjoint, sa famille, et se renferme, ce qui ne favorise pas sa prise en charge.
Or, la première chose à faire, une fois les symptômes reconnus, est de faire appel au plus vite à un professionnel.
C'est aussi le rôle de l'entourage d'aider une mère qui traverse une dépression post-partum à faire la démarche d'aller voir quelqu'un de compétent. Encore une fois, la mère est tellement culpabilisée qu'elle aura tendance à se renfermer et à ne pas aller consulter. Il faut l'aider à prendre les décisions qui sont bonnes pour elle.
La dépression post-partum est à considérer comme une maladie et il faut la traiter comme telle. Il ne s'agit en aucun cas d'une défaillance personnelle.
Une fois prise en charge, la dépression post-partum se soigne bien. Dans de nombreux cas, un traitement ambulatoire chez un psychologue ou un psychiatre suffit. Une psychothérapie permettra de mieux comprendre cette maladie, son processus de guérison, et permettra de prévenir l'apparition d'un nouvel épisode dépressif lors d'une future naissance. De plus, c'est un traitement efficace et un choix acceptable pour les femmes qui souhaitent éviter de prendre des médicaments pendant l'allaitement.
Chez certaines personnes dont les symptômes sont sévères et persistants, la prise d'antidépresseurs s'avèrera cependant peut-être nécessaire.
Dans tous les cas, une mère traversant une dépression post-partum ou un baby blues, à besoin d'être entourée, aidée et déculpabilisée par des personnes proches et bienveillantes. La naissance d'un enfant provoque un grand bouleversement dans la vie de la jeune mère, et la met face à de nouvelles responsabilités qui peuvent un moment la dépasser. C'est la raison pour laquelle elle a besoin d'être soutenue.