Connaître ses capacités, comprendre les défis et les satisfactions que représentent son développement.
Comment votre enfant va-t-il communiquer avec vous ?
Votre stratégie
Il faut une atmosphère calme, apaisante et rassurante.
Sachez prendre votre temps et ménager votre enfant tout en respectant
les horaires
Offrez-lui continuité et visibilité
Encouragez les efforts de votre enfant pour s’en sortir
Portez-le et placez-le avec soin
Laissez votre enfant prendre l’initiative
Prenez soin de vous
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Les enfants nés prématurément peuvent être aussi sensibles et merveilleusement ouverts sur le monde que les autres enfants.
élever un enfant prématuré signifie qu’il faut apprendre à connaître les capacités de ces nouveau-nés fascinants et comprendre les défis et les satisfactions résultant de leur développement. Votre engagement de parent va prendre d’autant plus de valeur que votre enfant est né prématurément.
Beaucoup d’enfants nés trop tôt ont des difficultés à rester éveillés, à capter les sons ou la lumière et à répondre de façon harmonieuse et positive au toucher.
Parfois, les parents se sentent presque des incapables s’ils n’arrivent pas à établir un contact visuel ou à ressentir ce lien si particulier provoqué par une réponse positive au toucher ou au contact visuel mutuel.
Mais souvenez-vous que votre enfant doit dépenser beaucoup d’énergie pour se nourrir, pour grandir et se protéger de sons ou de lumières intenses. Il se peut donc que votre petit n’ait plus beaucoup d’énergie à consacrer aux interactions sociales. Il va vous falloir comprendre quand votre enfant est disponible et quand il ne l’est pas. Ceci est primordial pour commencer une relation éducative et affective positive avec lui.
Ces nouvelles relations précoces sont très importantes et servent de base pour son futur développement affectif et intellectuel.
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Comment votre enfant va-t-il communiquer avec vous ? Les nouveau-nés sont capables de communiquer avec vous par leurs mouvements, lors de leurs états d’éveil et pour certains scientifiques par des modifications de leurs réactions physiologiques. Ces réactions sont parfois des changements de fréquence respiratoire ou de l’aspect cutané. Les enfants nés trop tôt peuvent être plus sensibles que des enfants nés à terme et réagir de façon plus importante à des petites modifications de leur environnement ou de leurs habitudes.
« Je n’en peux plus ! »Un prématuré peut vous envoyer des signaux signifiant qu’il a besoin de ralentir ou même de faire une pause. Par exemple :
- une accélération de la respiration ou une respiration irrégulière ;
- donner l’impression de se tortiller comme s’il avait mal au ventre ;
- des modifications de son tonus musculaire avec une extension des bras et des jambes ou bien une certaine mollesse ;
- des mouvements soudains et saccadés ou des soubresauts, des sursauts, des cambrures ;
- être difficile et le rester pendant un certain temps ;
- regarder ailleurs lorsque l’on attire son attention ;
- s’endormir alors que c’est le moment d’être éveillé.
Par contre, il pourra vous dire
« Je suis prêt à intégrer ! » quand il vous enverra les informations suivantes :
- une respiration régulière et stable ;
- une coloration cutanée uniforme et stable ;
- des mouvements lents et harmonieux des bras et des jambes ;
- un état de veille serein ;
- un regard franc et calme vers les personnes ou les objets qui l’entourent ;
- un sommeil rapide, régulier et calme à des heures adaptées, ce qui va lui permettre une fois réveillé d’avoir assez d’énergie pour intégrer correctement les informations.
Vous apprendrez de toute façon, avec du temps et de la patience, à décrypter le code personnel de votre nouveau-né, puisque chaque individu a sa propre personnalité. Vous reconnaîtrez rapidement ces signes mieux que quiconque chez votre enfant, car vous êtes ses parents !
« Je me prends en charge ! » : les nouveau-nés ont eux aussi leur propre stratégie pour se structurer. Ils le font par exemple en :
- rattrapant et retenant le drap, un doigt ou tout autre objet ;
- frottant et poussant avec le pied sur la literie ;
- mettant ses mains sur son visage ou dans sa bouche ;
- suçant sa tétine ou son doigt ;
- faisant glisser son corps et en penchant bras et jambes vers l’avant.
Chaque enfant va s’organiser de façon différente, ce qui va l’aider à appréhender ses nouvelles sensations. Vous serez rapidement habitués aux modes de communication de votre enfant et pourrez ainsi lui apporter le soutien nécessaire pour s’ouvrir au monde. Cette relation naissante avec votre enfant est fondamentale pour poser les bases de son développement physique et affectif.
Votre stratégie Comprendre comment votre enfant va communiquer est la première étape de votre relation éducative. L’étape suivante est de favoriser le début de structuration de votre enfant prématuré.
Les stratégies suivantes vont vous y aider :
Il faut une atmosphère calme, apaisante et rassurante. Comme vous avez déjà pu le remarquer, votre enfant peut être sensible à la lumière, au son ou à de nouvelles expériences. Soyez particulièrement attentifs lorsque votre enfant est fatigué ou essaye de se concentrer sur des tâches difficiles, comme se nourrir ou écouter votre voix. Sachez vous rendre compte des endroits ou des situations qui risquent de surmener votre enfant et essayez de les éviter. Le simple fait de l’emmener à l’épicerie du coin pourra provoquer un excès de stimulations sensorielles. Il se peut qu’il ait besoin de plus de temps et de maturité pour supporter les flots d’informations qu’une telle équipée peut induire.
Sachez prendre votre temps et ménager votre enfant tout en respectant
les horaires. Les enfants qui sont nés trop tôt sont en cours d’organisation cérébrale. Ils doivent notamment régler leur alternance veille/sommeil et tout ceci doit s’accorder avec l’organisation des soins qui sont bien souvent prodigués par des personnes différentes. Leur sommeil va ainsi être parfois interrompu, en particulier au gré des changements de lange. Sachez respecter les cycles de sommeil de votre enfant. Attendez les signaux indiquant qu’il est prêt à jouer ou à découvrir le monde extérieur. Prenez soin de laisser à votre enfant le temps d’une pause lorsqu’il a besoin de récupérer ou de faire une sieste.
Offrez-lui continuité et visibilité Comme d’ailleurs la plupart des adultes, les bébés ont besoin de savoir ce qui va se passer. être au courant réduit l’anxiété, ce qui améliore les performances. établir un emploi du temps quotidien avec les mêmes intervenants, faire dormir l’enfant dans le même lit sont de bons exemples pour créer et organiser pour eux un monde où ils puissent se retrouver. Ils se sentiront en sécurité, et donc plus sereins, et apprendront plus facilement à se débrouiller et à acquérir leurs nouvelles capacités.
Encouragez votre enfant pour l’aider à s’en sortirAu fur et à mesure qu’ils grandissent, les bébés apprennent à s’en sortir par eux-mêmes, et ils ressentent le plaisir de la réussite. Et parfois, de simples petits succès comme le fait de se calmer en suçant un doigt vont encourager votre enfant et seront une étape importante pour d’autres tentatives. Un enfant fatigué et fragile pourra peut-être avoir besoin d’une aide supplémentaire. Vous pourrez par exemple lui maintenir l’épaule pour lui permettre de porter plus facilement sa main à sa bouche. Vous pouvez aussi maintenir ses pieds avec votre bras afin qu’il se sente plus stable. Toutes ces petites aides peuvent avoir un effet décisif sur les réussites de votre enfant et lui permettront de se sortir d’une période difficile.
Portez-le et placez-le avec soin Vous savez déjà qu’il est important que votre enfant dorme sur le dos. Quand votre enfant est réveillé, il faut le bouger doucement et avec précaution. Les enfants nés prématurément ont du mal à se mouvoir, même doucement, et leur tonus est moins prononcé que celui de leurs aînés. Il faudra peut-être maintenir votre enfant contre vous afin qu’il ressente le réconfort et la chaleur de votre corps ou l’emmailloter dans une couverture aussi longtemps que ses mouvements ne seront pas plus contrôlés et volontaires. Les enfants nés trop tôt peuvent avoir du mal avec les mouvements rapides et vous reconnaîtrez les signaux du
« Je n’en peux plus ! » si vous leur imposez de bouger rapidement en l’absence du cocon rassurant de votre corps ou d’une couverture.
Laissez votre enfant prendre l’initiative Au début, les périodes ludiques et d’éveil avec les yeux grands ouverts que les parents apprécient tant peuvent être limitées. Les bébés ont besoin d’économiser leur énergie en se reposant et en dormant. Cela va changer avec le temps et avec sa maturation. Au départ, quand vous essayez de regarder et de parler à votre bébé, il se peut qu’il regarde ailleurs, qu’il s’endorme ou qu’il reste peu réactif. En fait, il vous signale qu’il n’est pas prêt à vous regarder, à vous entendre et à bouger en même temps. Si tel est le cas, contentez-vous de le regarder bien en face. Plus tard, vous pourrez l’encourager d’une voix douce et calme à suivre vos mouvements des yeux. Mais pour l’instant, respectez les signaux de votre enfant en regardant ailleurs ou en restant calme. Vous lui permettrez ainsi de faire une pause et de se préparer à d’autres stimulations. Le moment du repas est particulièrement difficile pour de nombreux enfants fragiles, car il leur faut s’organiser et être concentrés, surtout s’ils doivent en même temps regarder et écouter. La meilleure des stratégies est que les repas soient pris dans le calme. Votre enfant saura vous faire savoir quand il sera prêt à échanger de nouveau avec vous.
Prenez soin de vous La naissance d’un bébé est un défi pour toute la famille et sa maman en particulier. S’occuper d’un enfant prématuré est encore plus éprouvant. Il est donc important d’être aidé à la fois physiquement et affectivement par la famille, les amis, l’équipe paramédicale et médicale et tous ceux qui peuvent vous conseiller. Il faut que vous soyez au meilleur de votre forme pour aider votre enfant. Cela signifie donc que vous devez aussi faire attention et vous occuper de vous.
PS : bien entendu, tout mouvement ou toute attitude que vous jugeriez anormal chez votre enfant doit faire l’objet d’une discussion avec votre médecin.