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Apprentissage des règles ; à quoi sert la punition

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Il refuse d'obéir, pique des colères pour les choses qui l'ennuient ou pour ses activités favorites.

La phase du « non » est une période où l’enfant cherche à conquérir son autonomie en s’opposant aux adultes. Manger, prendre son bain… toutes les occasions sont bonnes pour réfuter ce qu’on lui propose. Il refuse d’obéir, pique des colères, boude pour les choses qui l’ennuient comme pour ses activités favorites.
C’est une période très importante pour l’enfant, car c’est en s’opposant qu’il se construit. Comprendre ce qui se joue pour lui permettra aux parents de surmonter les moments décourageants sans céder pour autant.

Les règles de base


  • Face aux colères de votre enfant, la première chose à faire est sans doute de distinguer le vrai chagrin (l’enfant est dans un grand désarroi, il a le sentiment d’avoir perdu votre affection), du simple caprice (vous lui refusez un jouet ou un énième tour de manège). Si c’est un vrai chagrin, soyez compréhensifs et rassurez votre enfant. En revanche, si c’est un caprice, restez ferme.

Au moment de la crise


  • Faites-vous confiance pour gérer les conflits avec votre enfant sans faire appel à un tiers (conjoint ou autre). Et gérez le conflit au moment où il a lieu. Ne dites pas, par exemple, à votre enfant : « je dirai à ton père la bêtise que tu as faite quand il rentrera ce soir. Il te donnera une fessée ! »

C’est moins culpabilisant pour l’enfant si le conflit est géré dans l’instant avec la personne concernée. Si vous posez les limites à bon escient, même s’il n’est pas d’accord, votre enfant sentira que vous le faites pour son bien et il sera rassuré. Il est très déstabilisant pour un enfant de sentir que ses parents n’arrivent pas à lui dire « non » et que ses crises de nerfs et ses hurlements lui permettent d’atteindre son but. Il les sent faibles, ce qui entraîne beaucoup d’angoisse chez lui. Lui donner des limites le sécurise bien plus qu’elles ne le briment, car elles lui donnent des repères.


  • Acceptez donc que votre enfant ne soit pas d’accord avec vous.
    Et, si le drame persiste, n’hésitez pas à couper court, en signifiant à votre enfant que vous avez pris une décision et que même s’il n’est pas d’accord, vous ne souhaitez plus en discuter avec lui pour l’instant, qu’il ne faut plus qu’il insiste.
  • Quand vous vous adressez à votre enfant pour faire respecter une limite ou un interdit, prenez l’habitude de le regarder droit dans les yeux (faites les « gros yeux »). Votre autorité passera autant par le changement de ton que par le regard. Un exemple : votre enfant vient de dessiner sur le mur. Plutôt que d’exprimer votre colère en nettoyant ce mur devant votre enfant et en le laissant passif et démuni, mieux vaux prendre le temps de le gronder en le regardant dans les yeux et en lui faisant bien comprendre que ce qu’il vient de faire n’est pas acceptable. Punissez-le éventuellement, si vous considérez que cela est nécessaire, et ensuite passez à autre chose. Proposez à votre enfant une autre activité qui n’est pas en lien avec le conflit qui vient d’avoir lieu.
  • Une fois la crise surmontée ou si votre enfant ne se calme pas, revenez vers lui pour lui signifier qu’il a fait une bêtise et que c’est pour cela que vous vous êtes mis en colère, mais que maintenant c’est terminé et que vous l’aimez. C’est son attitude qui vous a déplu, pas lui en tant que personne. C’est toujours à vous, l’adulte, de revenir vers votre enfant après un conflit. Ne restez pas dans un rapport de rancune avec lui.

La punition : à quoi sert-elle ?

La punition rend souvent l’interdiction plus crédible et l’enfant sera donc plus susceptible de la respecter dans le futur.
La punition, si elle est utilisée à bon escient, soulage l’enfant. En effet, s’il comprend sa punition, il aura le sentiment de réparer sa faute et se sentira ainsi libéré par la suite. C’est finalement moins culpabilisant que les cris de ses parents.

Comment punir ?

Pour qu’une punition soit efficace, il faut qu’elle soit réaliste et que vous puissiez la maintenir jusqu’au bout. Veillez donc à ce qu’elle soit proportionnelle à la bêtise commise par l’enfant.
Il est aussi nécessaire qu’elle soit entourée d’explications et donc comprise par l’enfant.
Evitez les punitions qui concernent les besoins fondamentaux (ex : la nourriture, le sommeil), l’apprentissage de l’autonomie (ex : le priver d’argent de poche), le travail scolaire (ex : lui faire copier des lignes), les tâches ménagères (c’est normal d’aider, cela ne doit pas constituer une punition), la vie sociale et les plaisirs indispensables à l’enfant (par exemple, l’empêcher d’aller à un anniversaire).

Une « bonne punition » sera comprise par l’enfant et le soulagera. Vous pouvez par exemple :


  • demander à votre enfant de présenter ses excuses où le faire avec lui s’il s’agit d’une tierce personne ;
  • lui demander de réparer sa faute. Nettoyer le mur qu’il a sali par exemple ;
  • vous pouvez aussi isoler votre enfant dans un endroit neutre, loin du lieu du conflit et sans éléments qui pourraient le distraire (télévision, jeux...). Vous le laisserez se calmer et réfléchir seul à la situation pendant une durée relativement courte, mais définie avec lui (par exemple une minute par année d’âge de l’enfant).

N’oubliez pas de lui expliquer la punition. « Tu viens de faire une bêtise ou ton attitude est inacceptable », toujours en le regardant droit dans les yeux. « Tu vas t’asseoir sur cette chaise pendant deux minutes pour te calmer et réfléchir à ce que tu viens de faire ». Ce moment vous permet aussi à vous, parent, de prendre du recul face à la situation conflictuelle, afin de pouvoir revenir vers l’enfant le plus calmement possible.
Quand la punition est terminée, retournez voir votre enfant, dites-lui que c’est fini, rassurez-le, et proposez-lui une activité positive qui ne sera pas en lien avec celle qui a engendré le conflit.
Choisissez une punition qui sera la mieux adaptée, en fonction du conflit, de l’énervement de chacun, etc.

Votre enfant est vraiment difficile ? Acceptez de vous poser certaines questions…


  • Accordez-vous suffisamment d’attention à votre enfant quand il se comporte bien ? Ou est-ce qu’il doit faire des bêtises pour attirer votre attention ? Essayez de le valoriser quand il se conduit bien. Prenez le temps chaque jour de jouer ou d’avoir une activité positive avec lui pendant au moins 20 à 30 minutes.
  • Votre enfant s’ennuie-t-il lors des activités qui lui sont proposées à la maison, à la crèche ou à l’école ? Il serait judicieux, si tel est le cas, de lui proposer des lieux et des activités mieux adaptés à ses besoins et compétences.


 
 
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