Sommeil et problèmes de sommeil : mode d’emploi

Sommeil et problèmes de sommeil : mode d’emploi

Dieter Wolke PhD Dipl-Psych AFBPsS C.Psychol.

Votre enfant refuse d'aller au lit ? Il a du mal à faire une nuit complète ? Découvrez pourquoi les enfants ne veulent pas dormir et comment un rituel du coucher peut vous aider. Apprenez aussi comment gérer les cauchemars, le somnambulisme, etc. 

Tous les parents sont confrontés à un moment ou l’autre à la difficulté de mettre les enfants au lit et de faire en sorte qu’ils y restent. Les difficultés liées au sommeil et au réveil nocturne sont les préoccupations dont on nous parle le plus souvent sur notre site et celles à propos desquelles je reçois le plus de questions. Ici nous abordons le problème du sommeil du point de vue de l'enfant, puis nous abordons le sommeil du bébé, le sommeil du tout-petit et les problèmes liés au sommeil avec des solutions pour les parents.

Le rituel est essentiel

Dans tous les domaines, les enfants adopteront un meilleur comportement s'ils discernent un modèle sur lequel ils peuvent s'appuyer. Le sommeil du bébé et du tout-petit font également partie du rituel. Une heure de coucher régulière et un rituel identique avant l'endormissement chaque soir aident votre enfant à comprendre ce que vous attendez de lui. Cela apporte un sentiment de sécurité aux enfants : ils savent quand les choses vont se produire. Si l'heure, l'endroit ou le rituel du coucher changent continuellement, alors l'anxiété, le doute et l'espoir d'une possible négociation peuvent faire leur apparition. Si certains enfants ont plus besoin de régularité que d'autres, tous tireront profit d'un rituel du coucher.

Un bon rituel du coucher pour un jeune enfant dure environ 30 minutes. Vous pouvez commencer les rituels quand votre enfant est encore bébé – durant les premiers mois de sa vie. Le rituel peut inclure un bain, un câlin, une histoire ou une chanson. Si le rituel du coucher pour le bébé ou le tout-petit dépasse cette durée ou devient trop compliqué, l'enfant commencera à s'exciter plutôt qu’à se calmer. Un rituel de moins de 30 minutes donne l'impression à de jeunes enfants qu'on les couche dans la précipitation.

Une routine identique

S'il y a plus d'une heure de différence entre les heures de coucher de la semaine et du week-end, vous pouvez vous attendre au pire le lundi. Vous obtiendrez de meilleurs résultats en respectant les mêmes horaires toute la semaine. C'est une contrainte pour les parents qui aimeraient faire la grasse matinée le week-end, mais l'expérience m'a appris que si l'un des parents au moins se lève avec les enfants le samedi ou le dimanche matin, les choses se passent globalement beaucoup mieux. Cela permet aussi à un grand nombre de papas de passer des moments tranquilles avec leur(s) enfant(s).

Il est préférable que les enfants dorment toujours au même endroit. Changer d'endroit (dormir dans un autre lit, par terre ou sur le canapé) empêche d’acquérir de bonnes habitudes. Si les enfants sont en garde partagée après un divorce, essayez de faire en sorte que les rituels et certains objets, comme l'oreiller ou la couverture, soient les mêmes dans chaque maison. Les parents vivant séparément doivent se concerter pour appliquer des rituels du coucher le plus identiques possible.


Le coucher est une séparation

Du point de vue de l'enfant, aller au lit représente une séparation : séparé de ses parents, de ses frères et sœurs, de ses jouets, des activités passionnantes de la journée et de tout ce qui continue de se passer dans la maison. Pourquoi un enfant serait-il content d'abandonner tout cela, surtout pour se rendre dans une pièce sombre où des monstres se cachent peut-être sous le lit, où des fantômes virevoltent derrière les fenêtres et où des serpents peuvent se glisser sous les draps ? Les enfants vont rarement se coucher sans résister ou sans qu'une mise au point ne soit nécessaire. Aucun enfant ne va au lit si on ne le lui demande pas fermement, si on ne le lui apprend pas et si on n'applique pas des règles strictes et immuables.

C'est une séparation également pour les parents. Bien que de nombreux parents affirment qu'ils quittent facilement leur enfant après une longue journée, ils sont très nombreux en réalité à avoir du mal à s'y résoudre. Ils transmettent à l'enfant un signal en demi-teinte, ne suivent le rituel qu’en partie et ne sont pas capables d'appliquer la discipline nécessaire pour que l'enfant dorme seul. Certains parents, surtout quand ils n'ont pu passer que très peu de temps avec leur bout de chou pendant la journée, aiment que leur enfant les réclame le soir, même si c’est inconscient. En tant que parents, nous devons identifier et résoudre nos propres problèmes avant de nous attaquer aux soucis de nos enfants.


Une question de culture

Dans de nombreuses cultures, les jeunes enfants dorment à côté d'un adulte et il n'y aucun mal à cela. D'ailleurs beaucoup de familles sont en faveur du lit familial. Cependant, dormir ensemble ne fonctionne que si tout le monde est vraiment d'accord et que si les besoins d'indépendance et de respect de l'intimité sont satisfaits par d'autres moyens. Dans les sociétés occidentales, la plupart des familles estiment qu'un enfant doit dormir dans son lit dès la petite enfance. Quoi qu'il en soit, mieux vaut aborder franchement le problème avec votre partenaire. Les parents prennent quelquefois les enfants avec eux dans leur lit s'ils sont malades ou stressés, ou s'ils ont peur. C’est parfaitement possible, mais sachez que l'enfant ne retournera pas facilement au lit si ses parents ne le lui ordonnent pas.


Encore un verre d'eau

Le tout-petit qui saute sur ses pieds comme un diable sortant de sa boîte tout de suite après s’être couché doit être remis au lit avec, tout au plus, une seule phrase d’explication. Pas de discussions ni de négociations, ni de séance supplémentaire de télévision qui tienne ! Remettez-le au lit en silence, bordez-le et quittez la pièce. Au début, il vous faudra peut-être recommencer 36 fois avant qu’il reste dans son lit, en particulier si vous n’avez pas été très stricte à propos de l’heure du coucher par le passé. Soyez prête à devoir batailler pour mettre en place ce nouveau rituel. D’accord pour un verre d’eau. Et un seul petit tour aux toilettes. Soyez consciente du fait que si vous appliquez les règles certains soirs et que d’autres soirs vous le laissez aller prendre un autre verre d’eau et sortir plusieurs fois de son lit, il deviendra de plus en plus difficile de faire respecter un rituel. Soyez cohérente !


Monter dans le lit des parents

Si vous ne voulez vraiment pas de votre enfant dans votre lit, ramenez-le en silence dans son lit, autant de fois qu’il le faudra, sans parler et sans discuter. Si vous le laissez grimper dans votre lit le matin et se rendormir, il ne comprendra pas pourquoi il ne pourrait pas faire de même au milieu de la nuit. Quand un enfant est stressé par une séparation ou dort avec ses parents depuis longtemps, je recommande de mettre un sac de couchage sur le sol de la chambre des parents et de donner à l'enfant des récompenses au fur et à mesure qu'il le rapproche de sa chambre.


Les cauchemars

Les cauchemars, ou les mauvais rêves, sont le signe d’un cerveau actif qui met de l’ordre dans les expériences du quotidien. Même si, au début, les enfants peuvent faire des cauchemars à n’importe quelle heure de la nuit, en grandissant ils rêveront davantage à l’approche du matin, comme les adultes. En fait, les cauchemars se produisent surtout après les 3 premières heures de sommeil. Les rêves et les cauchemars nous permettent de gérer le stress, les périodes d’adaptation et les tensions. Les enfants commencent à rêver dès qu’ils apprennent à parler, même parfois avant. Les jeunes enfants ne se souviennent en général pas de leurs rêves, même de ceux qui les réveillent. Et puisque le contenu des rêves n’est pas très important, ne forcez pas votre enfant à vous le raconter. Toutefois, si un enfant fait le même rêve toutes les nuits pendant des semaines, consultez votre médecin pour trouver l’origine du stress. Ne vous lancez pas à la poursuite des monstres dans le placard, contentez-vous de rassurer votre bout de chou. Si vous prenez ces histoires de monstres trop au sérieux en regardant sous le lit ou dans le placard pour rassurer votre enfant, vous risquez d'arriver au résultat opposé : « Si maman se met à les chercher pour me prouver qu'ils ne sont pas là, comment savoir s'ils sont là ou pas ? ». Il est difficile pour un enfant d'être sûr qu'ils ne sont pas cachés sous le lit. En grandissant, il fera de plus en plus de rêves et de cauchemars au petit matin. Environ 70 % des enfants font des cauchemars pendant leur enfance.

Les terreurs nocturnes

Il s'agit de réveils soudains et partiels, qui se produisent généralement avant minuit, c'est-à-dire pendant les 3 premières heures du sommeil. Ils commencent souvent par un cri très aigu. Les enfants sont tout rouges, en sueur et ne sont pas calmés par le réconfort des parents. Les terreurs nocturnes sont effrayantes pour les parents, car l'enfant a les yeux complètement hagards, est assis sur le lit et se débat. Mais elles ne sont ni anormales ni dangereuses, et l'enfant n'en gardera aucun souvenir le lendemain matin. Veillez seulement à ce qu'il ne se blesse pas pendant qu'il gesticule dans son lit et dans sa chambre. Les parents essaient souvent de réveiller l'enfant et d'en reparler le lendemain matin. En fait cela risque juste d'inquiéter votre enfant. Mieux vaut le surveiller et ne pas le réveiller. Il se calmera en quelques minutes et ne se rappellera plus de rien le lendemain matin. Ces réveils nocturnes disparaîtront en grandissant. D'ailleurs, la plupart des terreurs nocturnes se produisent entre 3 et 7 ans. Il est possible que votre conjoint ou vous-même ayez expérimenté des terreurs nocturnes quand vous étiez enfants, car il y a souvent des antécédents familiaux.


Être somnambule ou parler pendant son sommeil

Ces deux troubles sont fréquents dans certaines familles. Ils surviennent plus souvent et sont plus marqués dans les périodes de stress et de grande fatigue, et sont plus répandus chez les garçons. Veillez à ce que le sol soit bien dégagé et l'accès aux escaliers bloqué, car les enfants peuvent se blesser en déambulant. Une alarme d'ouverture de porte peut s'avérer utile dans les cas de somnambulisme récurrent. Ces troubles disparaissent le plus souvent à l'adolescence. Ne faites pas trop attention à ce que dit un somnambule, car ses paroles sont incohérentes. Et ne vous moquez pas trop d'un enfant somnambule ou qui parle dans son sommeil, car s'il manque d'assurance il pourrait alors avoir peur de révéler ainsi ses secrets, ou bien pourrait être réticent à passer la nuit chez un autre enfant. Rassurez-le en lui disant qu'il est tout à fait normal et qu'il est actif la nuit parce qu'il a l'esprit vif et une imagination débordante.

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