La discipline, une question de limites

La discipline, une question de limites

Dieter Wolke PhD Dipl-Psych AFBPsS C.Psychol.

La discipline est la seconde chose la plus importante que vous donnez à votre enfant, après l'amour.

Le sens premier du mot discipline est « enseignement », non « punition ». Et le but de cet enseignement est la maîtrise de soi, afin d'aider votre enfant à savoir et à comprendre ses limites « C'est là que je dois m'arrêter. Et je peux m'arrêter. »

Un enfant de 4 ou 5 ans qui connaît ses propres limites est un enfant qui se sent en sécurité : il sait qu'il peut se contrôler, et cela l’emplit de fierté. Un enfant « gâté », à l'inverse, ne connaît pas les limites d'un comportement de bébé et la discipline que doit avoir un enfant. Il est amené à devenir agaçant dans sa quête désespérée d'obtenir ce qu'il veut dès que quelqu'un lui dit « Non ! Ça suffit ! » Selon Selma Fraiberg, dans son livre « The Magic Years », un enfant qui n'est pas discipliné se sent mal aimé.

Comment pouvez-vous, en tant que parent, lui apporter cet enseignement sur le comportement de bébé et la discipline ? En disant à votre enfant, par des mots ou des actions « Chaque fois que tu te comportes comme ça, je dois t'arrêter, jusqu'à ce que tu sois capable de t'arrêter toi-même »

La violence n'est pas une solution

« Quand je parle d'actions, je ne parle pas de punition physique. Cela n'est plus tolérable. Cela n'est pas respectueux. Un enfant apprend rarement lorsqu'il est sujet à une agression physique. Et s'il n'apprend pas, cela ne fait que renfermer ses sentiments et sa colère en lui. Le résultat le plus probable de cette approche, c'est que l'enfant se vengera et exprimera sa colère plus tard.

Nous vivons dans une société empreinte de violence. Lorsque nous enseignons à nos enfants que la violence est la façon dont nous réglons nos désaccords, en tant que parents, nous encourageons la violence comme mode de vie. Souhaitons-nous en arriver là ? En outre, nous pouvons uniquement utiliser des punitions physiques tant que nous sommes plus forts et plus intellectuellement avancés que nos enfants.

Néanmoins, la plupart d'entre nous ont été frappés étant enfant. En conséquence, il est difficile pour nous de ne pas punir à notre tour lorsque nous sommes exaspérés et avons du mal à gérer le comportement de notre enfant. C’est l’un des problèmes les plus sérieux concernant l'éducation parentale. Ma mère avait l'habitude de nous fouetter avec une petite branche d'arbuste. Nous devions la ramasser. À chaque fois que c’est arrivé, elle et moi avons crié durant tout le temps que cela a duré. Cela a été traumatisant pour nous deux, mais ça n'a servi à rien. J'ai juré que je ne ferais jamais subir cela à mes propres enfants. Et pourtant, lorsqu'ils se comportent vraiment mal, la tentation d'utiliser la violence est grande.

Maîtrise de soi

Mais lorsque nous réagissons de manière excessive, nous montrons à nos enfants un exemple de non-maîtrise de soi, exactement au moment même où nous voulons leur enseigner à se maîtriser. Est-ce vraiment ce que nous voulons ? Mon petit-fils de 5 ans a récemment dit à sa mère (ma fille au caractère turbulent) « Maman, nous nous sentirons mieux si nous parlons de tout cela quand tu te seras calmée ».

C'est pourquoi, lorsqu'un enfant perd le contrôle de soi et a besoin d'être discipliné, il est crucial que le parent reste calme, se maîtrise et se souvienne constamment que le but de ses actions est d'enseigner, et non de punir.

Définir des limites étape par étape

La discipline est une chose difficile à gérer pour les parents, mais il faut surmonter ce problème. Il est ardu pour des parents qui travaillent hors de la maison de définir des limites alors qu'ils ont été séparés de leur enfant toute la journée. Et de nombreux parents au foyer ont le sentiment qu'ils devraient « utiliser la parole » au lieu de définir et faire respecter des limites claires. Peut-être qu'eux aussi aspirent à éviter la confrontation inévitable causée par l'établissement de limites. La discipline est d'autant plus dure à établir lorsque les parents sont stressés. Lorsque vous éclatez, vous êtes conscient(e) de la colère que vous ressentez envers votre enfant, et c’est terrifiant. Comment arriver à discipliner face à de tels défis ?

Pistes pour la discipline

  • Il est bon de décider à l'avance ce qui est négociable et ce qui ne l'est pas. Par exemple, tout ce qui concerne la sécurité n'est pas négociable. Une fois que vous avez défini ceci, il est simple de déterminer quelques règles claires et leurs conséquences, et de vous y tenir de manière constante.
  • En ce qui concerne les points négociables, il est préférable de garder la discipline pour les choses vraiment importantes. Un barrage constant de « Non » les rend tous sans importance. Il est plus amusant de voir maman se mettre en colère et d'en supporter les conséquences. Restez calme, mais ferme. Si c’est possible, gardez une attitude constante. Sinon, ne vous attardez pas sur ce point.
  • Lorsqu'un enfant perd la maîtrise de lui-même et a besoin de discipline, brisez la spirale négative par un moment calme, en le tenant ou en l'isolant.
  • Dès que vous avez brisé la spirale, asseyez-vous rapidement et rapprochez-vous à nouveau. Expliquez-lui pourquoi vous avez fait cela. Répétez la phrase « jusqu'à ce que tu arrives à t'arrêter seul(e) ». Proposez-lui des idées sur la manière d’y arriver.

Partager la responsabilité

Haim Ginott a recommandé une manière de gérer les problèmes liés à l'éducation parentale, à savoir le fait que le parent doit remettre une partie de la responsabilité à l'enfant une fois qu'il a atteint ses 4 ans : « À chaque fois que tu fais cela, ça me met en colère. Je n'aime pas être en colère contre toi. Peux-tu me donner des idées qui pourront t'aider à ne plus faire cela avant que l'on se fâche ? ». Si l'enfant fait une suggestion, veillez à l'essayer et à le féliciter si elle fonctionne.

Comportements normaux

Il est bon d'examiner de plus près le comportement de l'enfant si celui-ci se répète. Demandez-vous « Qu'est ce que mon enfant cherche à me dire ? ». Parfois, le comportement est normal. Par exemple, mentir ou voler sont des comportements normaux des enfants de 4 ou 5 ans. Le mensonge reflète un désir de concrétiser les chimères représentées par le mensonge. Le vol reflète le fait que l'enfant aimerait « ressembler » à la personne à laquelle il a dérobé des choses. Cela ne signifie pas, toutefois, que vous ne devez pas discipliner l'enfant, vous devez le faire. Mais comprendre les buts cachés de l'enfant peut vous aider à ne pas réagir de manière excessive. Et interpréter les actions de l'enfant à sa place peut s'avérer plus perspicace que toute autre forme de discipline : « Je sais que tu veux que ce soit vrai et moi aussi, j'aimerais que ce soit vrai. Mais toi et moi savons que ce ne l'est pas. »

Lorsque l'épisode prend fin, équilibrez les aspects négatifs avec une pensée positive : « Je suis contente que ce soit terminé. Maintenant, nous pouvons être proches à nouveau. Je déteste être en colère contre toi. »

Par dessus tout, souvenez-vous que vos actions servent d'exemple à votre enfant sur la manière dont il peut se contrôler. C'est une énorme responsabilité.

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